C’est notre point de repère, il est là parfois trop près, jamais loin trop longtemps… Tous les 3 mois, on repart à zéro.

Quelques instants d’apnée,  les questions changent, on appréhende, on guette le souffle, celui de trop, celui qui tarde à venir. Et pourtant, Elle est là, joue, c’est un passage obligé, un rendez-vous qui ne se discute pas. Pour Elle, pas vraiment d’appréhension, le riutel est installé agrémenté des magiques blouses roses, des sourires reconnus.

Et puis vient le moment, on fait les fiers, on se connait, on se reconnait, on est confiant. Parfois, trop, toujours trop, la magie n’arrive jamais, la guérison n’existe pas. On le sait, mais on continue à espérer. La maladie est insidieuse, elle est toujours là, ne se dit pas, ne se montre pas trop, et quand elle se montre, l’heure est grave il faut agir. Alors on apprend à lire les courbes, à détecter les flux de couleurs, interpréter les chiffres …

Pour l’heure, le bilan est mitigé, ni bon, ni mauvais, et pourtant en face de nous une petite fille aux joues roses, ogre à ses heures, quelques centimètres de gagnés, une énergie toute relative mais qui continue de nous surprendre…  Alors qui croire ? Pour cette fois, nous donnons tort aux chiffres et gardons en nous cet instinct de parents, elle va bien.

On se revoit dans trois mois.

Et puis cette semaine c’était aussi celle de l’anniversaire, des 7 bougies, des 15 copains, des 35 gâteaux, des 55 minutes coincés dans l’ascenseur …

Finalement, une semaine, riche, dense où la maman que je suis s’est sentie maintes fois vulnérable. Une semaine où j'ai puisé ma force dans ses yeux, une semaine où encore une fois nous avons remis en jeu nos projets de vie.

On recommence dans 3 mois et en attendant haut les coeurs !

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